Category: à la télé

Le journal chanté

Pas vraiment satisfaits de « la question enchantée », avec mon ami Loic Mahé, nous avons essayé de développer le concept sous la forme d’un journal télévisé chanté. Mais cette fois-çi, entièrement écrit. L’idée est de faire un jt sur des sujets décalés, et si possible drôles, et qu’il y ai des chroniqueurs réguliers ayant chacun leur style musical (un rappeur, une chanteuse nouvelle chanson française, une cantatrice… ). Nous avons fait un pilote, à mon sens pas vraiment abouti (il aurait fallu mieux réfléchir à l’écriture) mais faute de producteurs, nous n’avons pas poussé plus loin le bouchon. Plus tard peut-être.


Le journal chanté
envoyé par michleclerc. – Gag, sketch et parodie humouristique en video.

L’inspecteur Leclerc

L’idée de départ est d’approfondir «des objets qui nous font chier», une chronique que je faisais pour Télé Bocal. Par exemple, une fois qu’on a dit que les pistaches fermées, c’est pénible, aller voir le fabriquant de pistaches et l’emmerder jusqu’à ce qu’il nous explique pourquoi il met systématiquement des pistaches fermées dans les paquets.

J’ai fait ces enquêtes dans le cadre des émissions de François Pécheux, d’abord sur Canal+ («un monde de brutes») puis sur France 3 à Mon Kanar. Et un peu pour M6, le «morning café». Des serpillères dans les caniveaux aux photos de gens dans les devantures de pompes funèbres, de la comparaison de l’odeur du camembert et celle des pieds, la barre des vélos des garçons, j’ai ainsi pu rencontrer des tas de gens passionnés par leur sujet, même s’il peut sembler dérisoire. J’ai pu comme ça répondre à des tas de questions que personne ne se pose jamais et ça me plaisait beaucoup.

Lors de ma toute première enquête il pleuvait, j’avais donc mis mon ciré jaune et mon chapeau pour aller faire l’interview, et cette tenue est revenue par la suite comme un costume de scène. Je n’ai pas pu résister au plaisir de la faire porter par Kad dans J’invente rien.


Les rayures rouges du dentifrice
envoyé par michleclerc


Les pâtes alphabet
envoyé par michleclerc.


Qui teste le papier toilette ?
envoyé par michleclerc

La question enchantée

Fan de Jacques Demy, j’ai tenté d’adapter son principe à savoir chanter dans toutes les situations de la vie dans le domaine du reportage télé… Il s’agissait de continuer à faire des enquêtes sur des petits sujets de la vie quotidienne, à ceci près qu’ils étaient chantés, mais pas n’importe comment… J’utilisais les playbacks des chansons de Minaro (que forcément je connaissais) pour écrire à chaque fois un texte sur le sujet du jour sur la mélodie de la chanson. Je trouve le résultat rigolo. Le problème était que les gens que je ve ais d’interviewer n’étaient pas trop chauds pour chanter leur réponse.

J’ai dû faire une vingtaine de sujets pour «Mon Kanar» mais j’ai bien senti que j’avais du mal à faire accepter mon concept.



Les gros mots
envoyé par michleclerc


L’amour
envoyé par michleclerc

Âge sensible

Les comédiens

L’idée de départ était de faire une série sur des gens en première année de fac aux antipodes des séries, genre «Hélène et les garçons», qui se faisaient à l’époque. Et la différence devait d’abord et avant tout venir de la qualité d’écriture… Avec Olivier Kohn, le producteur artistique (qui depuis a créé la série «Reporters») nous voulions faire une série juste et sensible, centrée sur des personnages complexes et ambigus…

Les histoires pouvaient partir de toutes petites choses de la vie quotidienne (comme une fille qui refuse de prêter son stylo parce qu’elle est trop attachée aux objets) et révéler par ce détail une faille intime, un vertige. Il y a eu une cinquantaine d’épisodes et je pense que ce fut une vraie réussite artistique. En tout cas, je suis fier du résultat. Il y a eu sur cette série une réelle cohésion entre les scénarios (principalement écrits par Carine Tardieu, Sévenrine Boschem et moi) la réalisation (Gilles Bannier, Fabrice Gaubert) la production (Olivier Kohn) et les comédiens, tous formidables. Dont Guillaume Toucas, que du coup, j’ai fait jouer dans «J’invente rien».

A sa sortie, la série est remarquée par la critique, mais malheuresment elle est massacrée par le diffuseur qui choisit de la passer à 16h30. Or, contrairement à «Hélène et les garçons», «Âge sensible» était plutôt destiné aux adultes, qui ne sont pas devant leur poste à cette heure-là, qu’aux adolescents. Encore moins aux enfants. Car ils ‘agissait de la vision de trentenaires sur leur propre jeunesse, avec parfois de l’amertume, de la lucidité, de la nostalgie, et en aucun cas d’une vision idéalisée d’une adolescence dorée destinée à faire battre le coeur des midinettes. Résultat, la programmation est interrompue au bout de 25 épisodes et la série s’arrête là. Depuis, les rares personnes à l’avoir vue m’en parlent toujours en bien et j’aimerais beaucoup qu’elle sorte en DVD. Autre enseignement de cette expérience, je comprends qu’il est quasiment impossible à la télévision de faire valoir le statut d’auteur. Cette série, sur bien des points, a été faite avec les tripes de l’investissement intime des quelques personnes qui l’ont réellement fabriquée. Par exemple, j’ai l’impression d’avoir beaucoup plus mis de moi-même dans cette série que sur certains de mes courts métrages, pour lesquels on vous donne d’emblée le statut d’auteur.

Mais à la télé le producteur et le diffuseur ne veulent pas entendre parler d’auteur car ils exigent d’avoir la seule paternité de l’oeuvre. Quand un téléfilm ou une série marche, c’est une série de TF1 ou France 2 qui marche, en deuxième lieu la série de tel ou tel producteur, à la rigueur d’un réalisateur, rarement la série d’un auteur. Mais les choses sont peur-être en train d’évoluer. À la sortie d’Age sensible, le directeur de Capa, que je n’avais pu rencontrer qu’un quart d’heure en deux ans de travail d’écriture, se répandait partout pour expliquer à quel point il avait bossé dur sur ce projet et à quel point il était satisfait du poll d’auteur qu’il avait soigneusement sélectionné, comme on sélectionne des poulets fermiers.

À la suite de cette expérience, Carine et moi partons réaliser nos films, et il m’apparait tout de suite qu’au cinéma au moins, on respecte d’emblée le travail d’auteur. Même quand il fait de la merde.